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Y a-t-il une bulle sur les ETF ?

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Rarement un produit financier aura autant comblé un besoin sans réponse des investisseurs au cours des 30 dernières années. Jusqu'alors ils avaient le choix entre les titres vifs et les OPCVM de gestion active. Les premiers peuvent être achetés à cours connu de manière peu coûteuse, mais il n'est pas simple d'assurer une réelle diversification, ne serait-ce que par la difficulté, voire l'impossibilité, d'accéder à certains marchés lointains ou réservés aux investisseurs institutionnels. Il faut également accepter une grande volatilité.

Enfin, le temps, souvent décrit comme le meilleur ami des investisseurs peut également être son pire ennemi. Orange, Nokia, Disneyland Paris, Solocal... Les portefeuilles sont remplis de ces titres achetés dans de mauvaises conditions (c'est-à-dire lorsque l'ambiance était euphorique et que les posséder était une évidence) et dont les investisseurs, fussent-ils pré-pubères, ne reverront pas leur cours d'achat de leur vivant. Pire les sociétés peuvent purement et simplement disparaître.

Les OPCVM de gestion active sont séduisants... en théorie. Il s'agit de déléguer la gestion à un professionnel qui assurera la diversification et la recherche de performance. En pratique, l'accès à ce professionnel est coûteux et trop souvent il ne produit pas de résultats meilleurs qu'un vulgaire indice. Les ETFs offrent le meilleur des deux mondes : faible coût, accès aisé à tous les marchés, diversification, performance de l'indice. Le succès des ETFs est indiscutable et s'accélère.

Les chiffres récents sont éloquents. 25 ans après le lancement du premier ETF, ils représentent 4000 milliards de dollars. Selon le Wall Street Journal, au cours des 3 premiers mois de 2017, près de 100 milliards USD ont été investis en ETFs américains, soit quasiment autant qu'en 2015 et 2016 cumulés sur la même période. Depuis 2009, aux États-Unis, les fonds de gestion active ont subi des rachats de presque 1000 milliards USD tandis que les ETF collectaient quasiment 2000 milliards USD.

De là à dire qu'il y a une bulle sur les ETFs, il y a un pas que certains professionnels n'hésitent pas franchir. À quoi peut ressembler une bulle sur un ETF ? Faut-il désormais se tourner vers d'autres supports d'investissement ? L'ETF n'est pas un actif à proprement parler. C'est un véhicule permettant d'accéder à des titres cotés regroupés au sein d'un indice. S'il y a une bulle, c'est sur ces titres. L'immense majorité des flux sur ETF se concentrent sur les grands indices (S&P500, Nasdaq, Euro Stoxx 50...).

Un mécanisme auto-entretenu est en place. Une action monte parce qu'elle offre des perspectives attractives. Son poids dans les indices augmente. Elle est de plus en plus achetée par les gérants d'ETFs qui voient les capitaux arriver en masse. Les grandes capitalisations deviennent encore plus chères et sans doute survalorisées. Cela explique pourquoi les 5 premières pondérations du S&P500 pèsent 13 % de la capitalisation (Apple, Google, Microsoft, Amazon.com, J&J). La hausse de ces 5 sociétés explique près de 60 % de la hausse du marché américain cette année. Bien sûr ce phénomène peut encore perdurer.

Mais pour les investisseurs soucieux de se prémunir d'un risque de retournement dont les premiers stigmates apparaissent, les solutions existent. Les ETFs Smart Beta permettent d'accéder à des indices dont la pondération des titres a été retravaillée de manière à donner l'accès à des stratégies spécifiques. Par exemple, la stratégie "value" permet d'accéder à une sélection de titres sous-évalués. Les ETFs équipondérés accordent le même poids à tous les titres. Ces deux stratégies permettent d'éviter l'écueil d'une surreprésentation des plus grandes capitalisations. Bien entendu, cette problématique ne concerne pas seulement les ETFs. Tous les OPCVM de gestion pseudo-active qui en réalité ne s'écartent que très faiblement des indices seront également les victimes d'un dégonflement de ce phénomène.

Les constructeurs automobiles ne sont pas responsables des embouteillages. Ce sont les conducteurs qui, par nécessité ou par automatismes, prennent leur voiture au même moment. Nous leur suggérons les itinéraires bis ou de ne pas partir aux heures de pointe.

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